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Viticulteurs raisonnés et raisonnables

Viticulteurs raisonnés et raisonnables

140 viticulteurs charentais sont inscrits  dans les groupes de « viticulture raisonnée » pilotés par la Chambre d’agriculture de Charente.

Jusqu’à fin juillet, les 10 groupes de viticulture raisonnée, mis en place et suivis par la Chambre d’agriculture de Charente, enchaînent les réunions sur le terrain. « Du débourrement à la véraison, les rendez-vous sont hebdomadaires », explique Anne-Lise Martin, responsable du département « Viticulture » à la Chambre d’agriculture de Charente. La technicienne comptabilise 140 viticulteurs charentais inscrits : « Des fidèles, mais aussi quelques « petits nouveaux », tous soucieux d’intégrer une dynamique de groupe et de progresser techniquement ». Un profil dans lequel se reconnaissent les huit viticulteurs (7 hommes et une femme) du groupe de Hiersac, encadré par le technicien Jean-Christophe Gérardin. Il faut dire qu’il faut être motivé ce 18 mai, devant la vigne de Jean-Michel Goualbert à La Vigerie ! Non pas parce qu’il pleut des cordes ce jour-là (encore que…), mais au vu des stigmates du gel, qui a particulièrement sévi dans ce secteur trois semaines auparavant. « Si, évidemment, on ne peut passer outre les conséquences du gel dans ces rencontres régulières,  l’objectif des groupes de Viticulture raisonnée, précise le conseiller, c’est aussi de faire le point, en temps réel, sur la pression des maladies (mildiou, oïdium, black rot) et des ravageurs, décider de la conduite à tenir dans les interventions et raisonner les traitements ». Car les viticulteurs présents en conviennent tous : « L’inconvénient avec les techniciens d’OS*, c’est qu’on ne sait pas si leurs conseils sont dénués de toute pression commerciale. On est parfaitement conscients que vendre des produits phytosanitaires fait aussi partie intégrante de leur job ! » Ce qu’ils attendent de Jean-Christophe Gérardin, c’est un « conseil neutre et objectif  d’un spécialiste de la vigne ».  Parce qu’un viticulteur le confie : « Moi, dans mon village, mes voisins ont l’habitude de « cartonner » dans les traitements. Du coup, cela met le doute et je n’hésite plus à appeler Jean-Christophe Gérardin en dehors des réunions pour avoir son avis ! » L’objectif : traiter à bon escient. Pour préserver l’environnement, sa santé, mais aussi celle des riverains, confie Eric Gauche, viticulteur à Saint-Saturnin qui dit se sentir « dupé par certaines firmes phytosanitaires ». Le sexagénaire estime réaliser « une économie financière de 150 à 180 euros par hectare et par an » en traitant « sans prise de risque ». Reste qu’ « on peut comprendre que des viticulteurs aient envie de réussir coûte que coûte leur récolte, après une année 2016 chahutée et une autre qui débute mal avec cet épisode de gel. Toutes ces conditions climatiques, comme la bonne santé financière du cognac d’ailleurs, peuvent mettre la pression ! », confie Isabelle Clochard-Gualbert, adhérente du groupe depuis son installation en 1997.  Pour sa part,  la « pression technique », elle la sent diminuer au fil des ans et de l’expérience acquise au sein de son groupe. C’est déjà ça !

 

Fabienne Lebon

 

Adhésion simple : 134,40 euros par an. Autres conditions :  consulter le site internet de la Chambre d’agriculture http://www.charente.chambagri.fr

 

* OS : organisme stockeur

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