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Bruno Métifet, référent sûreté à la gendarmerie : « Le vol d’eaux-de-vie reste marginal »

Bruno Métifet, référent sûreté à la gendarmerie : « Le vol d’eaux-de-vie reste marginal »

Si les vols d’eaux-de-vie ne sont pas (heureusement !) monnaie courante en Charente, encore faut-il les prévenir.  C’est le rôle de Bruno Métifet.

En quoi consiste votre mission de référent sûreté ?

Bruno Métifet : Le référent sûreté - une fonction qui existe également dans la police nationale - agit quotidiennement au profit des collectivités territoriales, des entreprises (du commerce, de l’artisanat et de l’agriculture…) et des particuliers afin de leur apporter une expertise en matière de prévention technique de la malveillance. Cette mission comprend plusieurs niveaux d’intervention : de la simple consultation qui consiste à prodiguer des conseils à tout demandeur sur la sécurisation d’un site (une exploitation agricole ou viticole par exemple), à la réalisation d’audits ou de diagnostics de sûreté. L’intervention est gratuite et sans engagement.

Un réseau de « correspondants sûreté » locaux permet aussi de mailler le territoire.

 

Dans les exploitations agricoles et viticoles, quels sont les principaux risques ?

B.M. : Il s’agit principalement de vols : d’outillage, d’accessoires d’engins, de carburant et de métaux. En 2016, 135 vols ont été recensés sur des exploitations agricoles charentaises, dont 35 en Ouest-Charente. C’est moins qu’en 2015 avec 149 vols. Cela représente moins de 4 % des atteintes aux biens (4 245 en 2 016). Mais il faut savoir que des délits comme le vol de carburant ne sont parfois pas signalés, car l’exploitant ne s’en rend pas compte aussitôt. A chaque fois, nous conseillons de nous signaler le fait, même s’il n’y a pas forcément dépôt de plainte. Cela permet d’orienter nos services sur les secteurs impactés et de connaître en temps réel le niveau de délinquance.

Le vol d’eaux-de-vie reste marginal : en 2016, 20 hl d’AP ont été volés sur Baignes-Sainte-Radegonde et 6 fûts de 345 litres à Saint-Palais sur le Né. Les exploitations ciblées ne sont évidemment pas des grandes maisons de cognac, mais plutôt des chais isolés dans la campagne (souvent éloignés de l’habitation principale) et dont la vieille porte en bois est plus ou moins renforcée. Pour repérer la présence d’eaux-de-vie, les voleurs n’ont qu’à se fier à la présence du champignon torula.

 

Que conseillez-vous comme moyen de protection ?

B.M. : Tout dépend du site et c’est là qu’un audit sur place est souvent nécessaire pour faire avec l’exploitant un bilan des vulnérabilités, des risques et des préconisations. Les fondamentaux restent l’éclairage, les clôtures, le contrôle des accès, mais les recommandations peuvent aller jusqu’à la pose d’alarme, de recours à la vidéo protection.

 

Globalement, suit-on vos recommandations ?

B.M. : Généralement oui, car ces conseils sont adaptés à la taille de l’entreprise. Certaines personnes ou entreprises peuvent remettre à plus tard les préconisations, mais quand elles subissent un deuxième vol plus conséquent, c’est là que cela déclenche la demande du retour du référent sûreté et le suivi des recommandations. Surtout dans le cas du vol d’eaux-de-vie, car, là, le viticulteur est frappé d’une double peine entre le vol subi et le montant des taxes à acquitter auprès des Douanes, qui ne reconnaissent pas le vol, même s’il y a eu dépôt de plainte. Attention, donc !

Contact : adjudant Bruno Métifet à la gendarmerie d’Angoulême au 05 45 37 08 47 - mail : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Lire la suite dans Terres de Cognac n°121 de novembre-décembre 2017

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